Port-au-Prince, mardi 30 décembre 2025 — Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rencontré, ce mardi à la Primature, des leaders d’organisations communautaires de base (OCB) de la région métropolitaine de Port-au-Prince, dans le cadre du dialogue national initié par le Gouvernement. Une rencontre présentée comme un espace d’écoute et de concertation autour des grandes urgences du pays.
Les discussions ont porté principalement sur la dégradation de la sécurité publique, la situation des personnes déplacées internes, la réhabilitation des infrastructures stratégiques et la préparation des prochaines échéances électorales prévues pour 2026. Autant de dossiers sensibles qui affectent directement le quotidien des populations des quartiers populaires, premières victimes de l’insécurité chronique.
À l’issue des échanges, le chef du Gouvernement a tenu un discours de fermeté, rappelant que l’État reste le seul détenteur légitime de la force publique. Il a insisté sur le fait qu’aucun groupe, aucune organisation ni aucune entité ne peut se substituer à l’autorité républicaine, tout en affirmant que l’impunité ne saurait être tolérée, quelle que soit son origine.
Si ce message vise à réaffirmer l’autorité de l’État, il intervient dans un contexte où cette autorité demeure largement contestée sur le terrain. De nombreux quartiers restent sous le contrôle de groupes armés, rendant difficile le retour des déplacés et la reprise normale des activités économiques. Les leaders communautaires, bien que conviés au dialogue, attendent surtout des actions concrètes capables de transformer les engagements officiels en améliorations tangibles.
Le Premier ministre a de nouveau lié le rétablissement de l’ordre public à la réussite du processus électoral de 2026, présentant la sécurité comme une condition préalable à des élections crédibles. Toutefois, à moins d’un an des scrutins annoncés, les défis sécuritaires et logistiques restent considérables, alimentant le scepticisme d’une partie de la population.
Le Gouvernement affirme poursuivre la mission de la Transition en coordination avec le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), conformément à l’Accord du 3 avril 2024. Mais pour de nombreux observateurs, la crédibilité de ce processus dépendra moins des déclarations solennelles que de la capacité réelle de l’État à reprendre le contrôle des territoires, protéger les citoyens et restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés.
