Élu sur un programme axé sur la lutte contre la vie chère, le nouveau maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, a officiellement pris ses fonctions jeudi 1er janvier. Devant des milliers de partisans, l’élu de 34 ans a promis de gouverner avec « audace » et de rester fidèle à ses engagements socialistes démocrates.
Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a entamé son mandat jeudi 1er janvier en affichant clairement ses ambitions : démontrer que « la gauche peut gouverner » aux États-Unis. Devant une foule de plusieurs milliers de New-Yorkais réunis malgré un froid glacial, l’élu démocrate a assuré qu’il ne renierait aucune des promesses qui l’ont porté à la tête de la plus grande ville du pays.
Issu de la petite formation des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), Zohran Mamdani, 34 ans, a affirmé vouloir mettre en œuvre un programme ambitieux axé sur le pouvoir d’achat et les services publics. « Service universel de garde d’enfants, gel des loyers, bus rapides et gratuits… À partir d’aujourd’hui, nous gouvernerons avec ampleur et audace », a-t-il déclaré, avant d’ajouter :
« J’ai été élu en tant que socialiste démocrate, je gouvernerai comme un socialiste démocrate. »
Une relation prudente avec Donald Trump
Lors de son discours, le nouveau maire n’a évoqué Donald Trump qu’à une seule reprise, soulignant sa volonté de répondre également aux attentes des électeurs ayant voté pour le président républicain, souvent motivés par la flambée du coût de la vie. Une posture mesurée qui semble prolonger la trêve observée entre les deux hommes depuis leur rencontre à la Maison Blanche fin novembre, où leurs échanges courtois avaient contrasté avec la virulence de la campagne électorale.
Une investiture très symbolique
Après une première prestation de serment mercredi soir devant Letitia James, procureure générale démocrate de l’État de New York et figure hostile à Donald Trump, Zohran Mamdani a officiellement juré dans l’après-midi devant l’une des grandes figures de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders.
« À un moment de l’histoire de notre pays où nous voyons trop de haine, trop de division et trop d’injustice, merci d’avoir élu Zohran Mamdani maire de New York ! », a lancé le sénateur du Vermont à la foule.
Premier maire musulman de l’histoire de la ville, Zohran Mamdani a prêté serment sur un exemplaire du Coran, aux côtés de son épouse, l’illustratrice et céramiste Rama Duwaji. Autre figure majeure du progressisme américain, la députée Alexandria Ocasio-Cortez est également montée sur scène, saluant une ville qui a, selon elle, « choisi le courage plutôt que la peur » dans un contexte national tendu.
Un espoir pour une partie de l’électorat
Dans l’assistance, l’enthousiasme était palpable. « C’est assez incroyable de le voir réellement prendre ses fonctions », confie Ken Foster, employé municipal de 61 ans, engagé dans la campagne du nouveau maire. Pour Jacob Byerly, scientifique de 31 ans, présent avec son épouse, « c’est la première fois que nous ressentons un semblant d’espoir politique ».
De fortes attentes et des défis immédiats
Jeune élu local du Queens, sans longue expérience à la tête d’un exécutif majeur, Zohran Mamdani devra rapidement transformer ses promesses en actes. Ses premières décisions seront observées de près, tant par les New-Yorkais que par le Parti démocrate, à l’approche des élections de mi-mandat, dans un contexte de recherche de nouvelles stratégies face à Donald Trump.
Soutien affiché de la cause palestinienne et très critique de la politique israélienne, le nouveau maire sait également qu’il est étroitement surveillé sur les questions liées à la sécurité de la communauté juive, alors que les actes antisémites sont en hausse à New York comme ailleurs aux États-Unis. Depuis son élection, une controverse a déjà éclaté avec la démission d’une recrue de son équipe, après la révélation d’anciens tweets antisémites.
Entre espoirs suscités et défis politiques majeurs, le mandat de Zohran Mamdani s’annonce comme un test grandeur nature pour la gauche progressiste américaine.
