Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi 20 février l’imposition prochaine d’un droit de douane mondial de 10 % sur les importations, quelques heures après une décision majeure de la Cour suprême des États-Unis invalidant une large partie de ses droits de douane dits « réciproques ».
Se disant « profondément déçu » par ce qu’il a qualifié de « terrible décision », Donald Trump a vivement critiqué les juges, accusant la Cour d’avoir cédé à des « influences étrangères ». Lors d’une déclaration à la Maison Blanche, il a toutefois affirmé disposer « d’excellentes alternatives ».
« Aujourd’hui, je vais signer un décret pour imposer un droit de douane mondial de 10 %, qui va s’ajouter à nos droits de douane normaux déjà en vigueur », a-t-il annoncé, estimant paradoxalement que la décision de la Cour le rendait « plus puissant ».
Une décision juridique majeure
Par six voix contre trois, les juges ont estimé que le président ne pouvait invoquer une « urgence économique » pour justifier ces surtaxes généralisées sans autorisation claire du Congrès. Le président de la Cour, John Roberts, a souligné que l’exécutif devait démontrer une base législative explicite pour mettre en place de tels droits de douane.
La décision concerne les droits de douane « réciproques » instaurés en avril 2025, mais ne remet pas en cause ceux visant des secteurs spécifiques comme l’automobile, l’acier ou l’aluminium.
L’un des juges dissidents, Brett Kavanaugh, a mis en garde contre le « chaos » potentiel, notamment concernant le remboursement éventuel des sommes déjà perçues.

130 milliards de dollars en jeu
Selon des analystes, plus de 130 milliards de dollars de droits de douane ont été collectés en 2025 au titre des mesures désormais contestées. La décision ouvre la voie à d’éventuelles demandes de remboursement de la part des entreprises concernées.
Côté démocrate, Chuck Schumer a salué « une victoire pour les consommateurs américains », tandis que Hakeem Jeffries a appelé le président à renoncer à toute nouvelle action unilatérale. Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a indiqué que le Congrès examinerait « la meilleure marche à suivre » dans les prochaines semaines.
Réactions des marchés et partenaires
Les marchés financiers ont réagi positivement, tant en Europe qu’aux États-Unis, bien que de manière prudente. Des entreprises du commerce en ligne comme Amazon ou Shopify ont figuré parmi les bénéficiaires de ce regain de confiance.
Les partenaires commerciaux des États-Unis ont accueilli la décision avec prudence, tout en soulignant les incertitudes persistantes. Donald Trump a néanmoins assuré que les accords commerciaux récemment négociés – notamment avec l’Inde, l’Union européenne, le Japon et le Royaume-Uni – restaient valides.
Une stratégie remise en question
Les droits de douane « réciproques » constituaient une pierre angulaire de la stratégie économique du président, qui les présentait comme un outil de rééquilibrage des déficits commerciaux et de financement des baisses d’impôts.
En annonçant une taxe mondiale uniforme de 10 %, Donald Trump semble vouloir contourner la décision judiciaire tout en maintenant sa ligne protectionniste. Reste à savoir si cette nouvelle mesure résistera, elle aussi, à l’examen des tribunaux et aux réactions de ses partenaires commerciaux.
