30 mars 2026 — Bas-Artibonite, Haïti
Un nouveau drame d’une violence extrême secoue le Bas-Artibonite. Au moins 70 personnes ont été tuées dans la localité de Jean-Denis, lors d’une attaque attribuée au gang « Gran Grif », survenue dans la nuit du 28 au 29 mars 2026. Le bilan pourrait s’alourdir, alors que plusieurs personnes sont encore portées disparues.
Selon le Réseau National de Défense des Droits Humains, des hommes lourdement armés ont semé la terreur dans la localité de
Jean-Denis, première section communale de Bas-Coursin I.
Le bilan fait état d’au moins 70 morts et de plus d’une trentaine de blessés. Plusieurs habitants restent introuvables. Les victimes, sans distinction d’âge, incluent des nourrissons, des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées.
Les assaillants ont abattu certaines victimes alors qu’elles tentaient de fuir, tandis que d’autres ont été exécutées à bout portant. Plusieurs habitants ont été brûlés vifs après l’incendie de leurs maisons.
Parmi les victimes figurent trois frères d’une même famille : Guillaud Théophile, Ronyck Théophile et Viadain Théophile, illustrant l’ampleur de la tragédie.
L’attaque ne s’est pas limitée à Jean-Denis. Elle s’est étendue à plusieurs zones de Bas-Coursin I, notamment Koutèt, Ti Tray, Akasya, Megiyèl, Bofò, Remousen, Sedrèn et Blain. Dans la deuxième section de Bas-Coursin II, des violences ont également été signalées à Pont Benoît, Bois Lavil en Haut et Descordes, où des maisons ont été incendiées et des habitants tués.
Face à cette situation, la réponse des forces de l’ordre est jugée insuffisante par plusieurs observateurs. D’après les informations recueillies par le RNDDH, des unités de la Police nationale d’Haïti ont été déployées dans la zone, mais leur présence a été de courte durée.
Le commissaire de Saint-Marc, Lyvenson Gauthier, affirme pour sa part que plusieurs blindés ont été mobilisés dès les premières heures, malgré des obstacles comme des barricades dressées sur les routes. Il reconnaît toutefois que les moyens disponibles sont largement insuffisants pour faire face à la situation.
Des problèmes logistiques importants compliquent également les interventions. Plusieurs véhicules blindés seraient hors service, parfois pour des pannes mineures. Leur réparation dépend souvent d’équipes basées à Port-au-Prince, ce qui ralentit considérablement les opérations. À cela s’ajoute une coordination difficile avec les forces internationales, nécessitant des autorisations préalables.
Le commissaire insiste sur l’urgence de renforcer les capacités de la police, notamment en équipements lourds, en soutien aérien, en drones de surveillance et en personnel qualifié.
Ce nouveau massacre met en lumière la gravité de la crise sécuritaire en Haïti et la vulnérabilité persistante des populations face à la violence des groupes armés.
