8 avril 2026 — Port-au-Prince, Haïti
La décision du gouvernement d’augmenter les prix des produits pétroliers suscite une vive contestation. Des organisations socioprofessionnelles dénoncent une mesure jugée injuste et appellent à une mobilisation nationale.
Une vague de critiques s’élève contre la décision du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé d’augmenter les prix des produits pétroliers.
Dans une note conjointe, la CUTRASEPH et le Jeune Barreau de Port-au-Prince ont qualifié cette mesure de « scandaleuse et pénalisante », appelant à son retrait immédiat.
Les signataires dénoncent une décision prise « sans considération pour les conséquences sociales », dans un contexte déjà marqué par la précarité et l’instabilité économique.
Des hausses jugées excessives
Les organisations mettent en avant un écart important entre l’évolution des prix internationaux du pétrole et ceux pratiqués en Haïti.
Selon leurs données :
- la gazoline est passée de 196 gourdes en 2009 à 725 gourdes en 2026
- le diesel de 130 à 850 gourdes
- le kérosène de 123 à 845 gourdes
Elles estiment que ces augmentations, allant jusqu’à 500 à 600 %, dépassent largement la hausse observée sur le marché international.
Des arguments contestés
Le gouvernement justifie cette révision par plusieurs facteurs techniques, notamment :
- les coûts d’importation (assurance et fret)
- les frais portuaires et douaniers
- les coûts de transport et de stockage
Des explications jugées insuffisantes par les organisations, qui interrogent le rôle de l’État et des compagnies pétrolières dans la fixation des prix.
Elles dénoncent également des mesures d’accompagnement qu’elles considèrent inefficaces, notamment les subventions ciblées pour les transporteurs.
Appel à la mobilisation
Qualifiant cette décision d’« assassinat économique », la CUTRASEPH et le Jeune Barreau appellent à une mobilisation nationale pour :
- exiger le retrait de la mesure
- demander la réduction des marges de profit
- réclamer un ajustement des salaires
Les organisations estiment que cette hausse pourrait aggraver la crise sociale et menacer la stabilité du pays.
