Port-au-Prince, février 2026.
À quelques jours de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue pour le 7 février, les États-Unis ont réaffirmé publiquement leur soutien au Premier ministre Fils-Aimé, dans un contexte politique marqué par des tensions internes et des tentatives de recomposition du pouvoir.
Dans un message publié sur la page Facebook de l’ambassade américaine en Haïti, la représentation diplomatique a déclaré :
« Alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition prend fin le 7 février, nous soutenons le leadership du Premier ministre Fils-Aimé dans la construction d’une Haïti forte, prospère et libre. »
Cette déclaration intervient alors que, selon plusieurs sources concordantes, cinq membres du CPT auraient tenté de remplacer le Premier ministre avant l’échéance de leur propre mandat, une initiative qui n’a pas abouti. Le message américain est ainsi perçu par de nombreux observateurs comme un signal politique fort, venant conforter la légitimité du chef du gouvernement au moment où certains acteurs du pouvoir transitoire cherchent à redéfinir l’équilibre institutionnel à leur avantage.
Dans un climat d’incertitude généralisée, cette prise de position de Washington apparaît comme un désaveu implicite des manœuvres internes et un appui clair à la continuité de l’Exécutif conduit par Fils-Aimé, au-delà du départ annoncé du CPT.
Parallèlement, le Dialogue inter-haïtien, tenu du 1er au 3 février 2026 à l’Hôtel Montana, a débouché sur une proposition de réforme institutionnelle majeure. Présidées par Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles — tous membres du CPT — ces assises ont réuni divers acteurs politiques et sociaux autour de l’avenir de la gouvernance du pays.
Le document final issu de ces travaux recommande la mise en place d’un exécutif à double tête, composé d’un Collège présidentiel et d’un chef de gouvernement. Selon ses promoteurs, ce modèle vise à renforcer l’équilibre des pouvoirs, améliorer la représentativité et réduire les crises institutionnelles à répétition.
Toutefois, à la lumière du message américain, certains analystes s’interrogent sur la compatibilité entre cette proposition et le soutien international affiché au Premier ministre en fonction, dans un contexte où la transition arrive à son terme et où la question de la légitimité politique reste centrale.
À l’approche du 7 février, la fin du CPT ne marque donc pas seulement une échéance institutionnelle, mais ouvre une nouvelle phase de repositionnement politique, où les soutiens internationaux, les initiatives internes et les rapports de force pèseront lourdement sur la suite de la transition.
