Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a franchi une étape importante dans le processus de transition politique. Un accord baptisé « Pacte national de gouvernabilité pour la sécurité et l’organisation des élections » a été officiellement paraphé ce samedi 21 février 2026 à l’Hôtel Ritz Kinam, à Pétion-Ville.
L’initiative, entamée vendredi soir à la résidence officielle du chef du gouvernement, vise à établir un cadre politique consensuel pour assurer la stabilité institutionnelle et préparer la tenue des prochaines élections.
Une large adhésion politique
Plusieurs partis et regroupements politiques représentatifs ont signé le document, acceptant de collaborer avec le Conseil des ministres sous la présidence du Premier ministre afin d’assurer la gouvernance jusqu’à la passation de pouvoir à de nouvelles autorités élues.
Parmi les signataires figurent notamment :
- Fanmi Lavalas, parti fondé par l’ancien président Jean-Bertrand Aristide
- Organisation du peuple en lutte (OPL)
- Le parti EDE
- Le Consortium des partis politiques du Dr Emmanuel Ménard
- Le Parti Force Louverturienne Réformiste du Dr Fritz Pierre
- Le Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA)
- Le Kolektif Tèt Ansanm pou Ayiti (KTA)
- Des organisations de femmes et des regroupements d’enseignants
Le chef du gouvernement aurait également instruit son cabinet de faciliter séparément l’adhésion d’organisations issues du secteur populaire et de la société civile, dans une volonté affichée d’inclusivité.
Tentative de perturbation
Lors de la cérémonie de signature à l’hôtel Ritz Kinam, un opposant identifié sous le nom de Bernard aurait tenté de bloquer l’accès de l’établissement aux signataires. Selon des témoins, il se serait emparé de feuilles de présence à l’intérieur de l’hôtel. L’incident n’a toutefois pas empêché la finalisation des signatures prévues.
Prochaine étape : former un gouvernement
Fort de cet accord politique, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé devrait entamer de nouvelles consultations en vue de la formation d’un gouvernement appelé à piloter la transition.
Dans un contexte institutionnel fragile et marqué par l’absence d’élus, cet accord est présenté par ses promoteurs comme une tentative de structurer un consensus minimal autour de la sécurité, de la gouvernance et de l’organisation d’élections crédibles.
Reste à savoir si ce pacte permettra d’élargir davantage l’adhésion politique et de stabiliser durablement le climat national.
