DHAKA, 13 février 2026 — Le Bangladesh Nationalist Party (BNP), dirigé par Tarique Rahman, s’achemine vers une victoire écrasante aux élections législatives organisées jeudi, les premières depuis la chute du régime de Sheikh Hasina à l’été 2024.
Selon les projections diffusées vendredi matin par plusieurs chaînes de télévision locales, le BNP aurait remporté 197 des 300 sièges de la chambre unique du Parlement, dépassant ainsi largement la majorité absolue. Son principal adversaire, la coalition islamiste menée par le Jamaat-e-Islami, obtiendrait 63 sièges. La commission électorale n’avait toutefois pas encore publié de résultats officiels au moment des projections.
Une victoire annoncée par le parti
« Grâce au fort soutien du peuple, le BNP va remporter une majorité des deux tiers et pouvoir former un gouvernement », a déclaré un porte-parole du parti au siège de la formation à Dacca. Dans un communiqué, le BNP a revendiqué une « large victoire » tout en appelant ses militants à éviter toute célébration prématurée.
Avant même la fermeture des bureaux de vote, Tarique Rahman, 60 ans, s’était dit confiant quant à l’issue du scrutin. De retour au pays en décembre après dix-sept années d’exil au Royaume-Uni, il a pris la tête du parti à la suite du décès de sa mère, l’ancienne Première ministre Khaleda Zia. Héritier d’une dynastie politique influente, il apparaît désormais comme le favori pour diriger le prochain gouvernement.
Une transition sous surveillance
Le scrutin intervient après l’insurrection de 2024 qui avait conduit à la chute de Sheikh Hasina, au pouvoir depuis 2009. Depuis son exil en Inde, l’ancienne dirigeante, condamnée à mort dans son pays pour la répression de la révolte, a qualifié l’élection d’« illégale et inconstitutionnelle ».
Le chef du gouvernement provisoire, Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, a exhorté les partis à respecter les règles démocratiques et à faire preuve de « tolérance et de respect ». Âgé de 85 ans, il a indiqué qu’il se retirerait dès la proclamation officielle des résultats.
Un scrutin globalement calme
Après une campagne marquée par des tensions et des épisodes de violence, le vote de jeudi s’est déroulé sans incident majeur, sous la surveillance de plus de 300 000 membres des forces de sécurité. De nombreux électeurs ont salué la possibilité de participer à un scrutin perçu comme plus compétitif que les précédents, souvent contestés ou boycottés par l’opposition.
En parallèle des législatives, les électeurs étaient appelés à se prononcer par référendum sur un ensemble de réformes institutionnelles destinées à prévenir tout retour à un régime autoritaire. Les résultats de cette consultation n’étaient pas encore connus vendredi matin.
Si les projections se confirment, le BNP disposerait d’une marge confortable pour gouverner et engager la reconstruction politique d’un pays marqué par des années de tensions institutionnelles.
