Washington, 3 mars 2026. – Le président américain Donald Trump a reçu mardi à la Maison Blanche le chancelier allemand Friedrich Merz pour une réunion initialement consacrée aux questions commerciales et à l’Ukraine.
Mais le contexte international en a décidé autrement. Friedrich Merz est devenu le premier dirigeant étranger à rencontrer Donald Trump depuis le déclenchement de l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Londres et Madrid dans le viseur
Lors de la conférence de presse conjointe organisée dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le président américain a multiplié les critiques à l’encontre de plusieurs gouvernements européens.
Il s’en est notamment pris au Premier ministre britannique Keir Starmer, accusé de soutenir trop timidement l’action militaire américaine au Moyen-Orient.
« Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire », a lancé Donald Trump, se disant « mécontent de Londres ». Au cœur des tensions : l’utilisation de la base militaire conjointe de Diego Garcia, située dans l’archipel des Chagos, que le Royaume-Uni aurait initialement hésité à mettre à disposition dans le cadre des opérations contre l’Iran.
Le président américain a également ciblé l’Espagne et son chef du gouvernement, Pedro Sánchez. Il a menacé de « cesser tout commerce avec l’Espagne », reprochant à Madrid son refus d’autoriser l’usage de bases militaires situées en Andalousie et dénonçant des dépenses militaires jugées insuffisantes.
Selon Donald Trump, l’Espagne serait « le seul pays de l’Otan » à ne pas avoir accepté l’objectif de consacrer 5 % de son PIB à la défense, un seuil imposé par Washington.
Plus tôt dans la journée, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a affirmé n’avoir reçu « aucune demande » concernant les bases de Rota et Morón, ni « aucune plainte » officielle de la part des autorités américaines.
Berlin épargné
En revanche, l’Allemagne n’a pas été visée par les critiques présidentielles. Friedrich Merz a déclaré que Berlin et Washington partageaient la volonté de voir disparaître le régime actuel à Téhéran, tout en insistant sur la nécessité de discuter de « l’après-guerre ».
« Nous sommes sur la même longueur d’onde s’agissant de repousser ce régime épouvantable en Iran », a affirmé le chancelier allemand, précisant vouloir également évoquer l’Ukraine et les relations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis.
Dimanche, Friedrich Merz avait déjà indiqué que l’Allemagne ne donnerait pas de « leçons » sur la légalité de l’opération militaire.
Une rencontre sous haute tension
Prévue de longue date, la réunion devait initialement porter sur les droits de douane et la guerre en Ukraine. Elle s’est finalement déroulée dans un climat diplomatique tendu, marqué par les répercussions régionales de l’offensive américano-israélienne et les divergences stratégiques au sein de l’Alliance atlantique.
Berlin a toutefois précisé que toute action allemande dans la région viserait exclusivement à assurer la protection des soldats de la Bundeswehr déployés sur place.
La rencontre confirme ainsi la recomposition des équilibres transatlantiques dans un contexte international particulièrement instable.


