WASHINGTON, 12 février 2026 — La députée démocrate de Floride Sheila Cherfilus-McCormick fait face à de nouvelles allégations concernant le financement de sa campagne de réélection de 2022, selon un rapport de la Commission d’éthique de la Chambre des représentants des États-Unis.
Déjà inculpée dans une affaire distincte liée à l’utilisation présumée de fonds d’aide COVID dans le cadre de sa campagne partielle de 2021 — des accusations pour lesquelles elle a plaidé non coupable — l’élue est désormais citée dans un rapport évoquant un système de financement parallèle impliquant des sociétés à but non lucratif, des responsables municipaux du sud de la Floride et des fonds en provenance d’Haïti.
Plus de 800 000 dollars en question
Selon les conclusions préliminaires du Comité d’éthique, plus de 800 000 dollars auraient transité par des structures politiques liées à des proches de la députée. Ces fonds proviendraient en grande partie de PetroGaz-Haiti S.A., une compagnie pétrolière haïtienne enregistrée en Floride.
Le rapport indique que l’entreprise aurait versé environ 810 000 dollars à une organisation politique locale, Progressive People Inc., présidée à l’époque par Michael Joseph, maire de North Miami Beach. Le mari de la députée, Corlie McCormick, en aurait été vice-président.
Selon les enquêteurs, une grande partie de ces fonds aurait ensuite été transférée vers une autre structure, Truth & Justice Inc., aujourd’hui dissoute, qui aurait financé des dépenses liées à la campagne de 2022 sans les déclarer aux autorités électorales compétentes.
Le Comité d’éthique estime que ces deux entités auraient servi de « sociétés écrans » destinées à dissimuler l’origine réelle des contributions.
Des liens avec des acteurs haïtiens controversés
Le rapport établit également un lien entre PetroGaz-Haïti et des figures politiques haïtiennes. L’entreprise est enregistrée en Floride au nom de Frédéric Elusma. En Haïti, elle aurait été associée à l’ancien sénateur Rony Célestin, sanctionné par les autorités américaines en 2022 et poursuivi en Haïti dans une affaire distincte.
Rony Célestin a déclaré ne pas être impliqué dans les transactions mentionnées et affirme que, si des paiements ont été effectués, ils l’auraient été à titre personnel par Elusma et non au nom de la société.
Le rapport précise toutefois qu’il ne conclut pas à une influence directe de PetroGaz sur l’action législative de la députée.
Des responsables locaux cités
Outre Michael Joseph, le document mentionne également Alix Desulme, maire de North Miami, et le consultant politique Mark Goodrich. Une partie des fonds aurait notamment été versée à un comité d’action politique destiné à mobiliser l’électorat haïtiano-américain.
Les intéressés n’ont pas commenté en détail les accusations. Michael Joseph a déclaré que la députée méritait d’être entendue équitablement, évoquant un contexte politique tendu à la Chambre des représentants.
Une audition publique annoncée
La députée doit comparaître le 5 mars prochain devant la Commission d’éthique pour une audition publique — une procédure rare dans ce type d’enquête. Elle rejette l’ensemble des 27 allégations contenues dans le rapport et dénonce une « interprétation déformée » des faits.
Dans une déclaration transmise à la presse américaine, elle a affirmé : « La vérité éclatera et démontrera que je n’ai rien fait de mal. »
Son district, l’un des plus favorables aux démocrates en Floride, revêt une importance stratégique dans un contexte de majorité parlementaire serrée à la Chambre des représentants.
À ce stade, l’enquête d’éthique se poursuit et aucune conclusion définitive n’a été rendue.
