Paris, 14 janvier 2026 – Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a vivement dénoncé ce mercredi ce qu’il a qualifié de « chantage » exercé par les États-Unis sur le Groenland, en réaction aux déclarations répétées du président américain Donald Trump, qui affirme vouloir « s’emparer » de ce territoire autonome danois stratégique dans l’Arctique. Dans un entretien accordé à RTL, Barrot a annoncé que la France ouvrira un consulat à Nuuk, capitale du Groenland, le 6 février prochain, une décision politique visant à renforcer la présence française sur l’île. Cette initiative avait été préparée depuis l’été dernier et annoncée pour la première fois par le président Emmanuel Macron lors d’un déplacement au Groenland en juin 2025. « C’est d’abord pour marquer notre volonté d’approfondir notre présence dans toutes les dimensions sur ce territoire », a expliqué Barrot, évoquant non seulement une dimension diplomatique, mais aussi des coopérations dans les domaines scientifiques et économiques. Il a souligné que le Groenland « n’est pas à vendre » et a rappelé le droit du territoire de déterminer son avenir, notamment au sein du « royaume de Danemark, de l’Otan et de l’Union européenne ».
Un « chantage » qui doit cesser
Alors que Donald Trump a récemment affirmé que les États-Unis doivent impérativement contrôler le Groenland pour contrer la Russie et la Chine, y compris en envisageant des moyens « par un biais ou un autre », Jean-Noël Barrot a vivement critiqué ces propos. Il a rappelé que le Groenland est un territoire allié au sein de l’Otan, et que toute pression ou tentative d’appropriation serait non seulement « incongrue », mais aussi contraire aux intérêts mêmes des États-Unis et au cadre institutionnel de l’Alliance. « Ce chantage doit évidemment cesser. » a insisté le chef de la diplomatie française, appelant à un respect strict de la souveraineté danoise et groenlandaise face aux déclarations américaines.
Contexte de tensions internationales
Les propos de Trump ont provoqué un rare moment de tension diplomatique entre Washington et ses alliés. Le Danemark, souverain du Groenland, et le gouvernement groenlandais ont tous deux fermement rejeté l’idée d’une cession ou d’un changement de statut du territoire. Des responsables danois et groenlandais doivent rencontrer des représentants américains à la Maison-Blanche mercredi dans des pourparlers jugés « sous haute tension » pour tenter de désamorcer la crise. Le chef du gouvernement groenlandais a réaffirmé que « le Groenland n’appartiendra jamais aux États-Unis » et que l’île décidera de son avenir de manière autonome, confirmant son attachement au Danemark. Sur la scène internationale, cette situation fait également l’objet de réactions dans l’Otan et auprès de partenaires européens, qui insistent sur la nécessité de résoudre les différends dans le cadre du droit international et de la coopération entre alliés.
