L’ancien magistrat haïtien Jean Roger Noelcius a reconnu, sous serment, avoir signé un mandat d’arrêt illégal visant le président Jovenel Moïse, selon un article publié le 21 février 2026 par le Miami Herald.
Dans ce texte signé par la journaliste Jacqueline Charles, l’ex-juge admet qu’il ne disposait d’aucune autorité légale pour émettre un mandat d’arrêt contre un chef d’État en exercice. Il a également reconnu que seuls les agents de la Police nationale d’Haïti sont habilités à exécuter des mandats sur le territoire national, excluant toute intervention de particuliers ou de ressortissants étrangers.
Un mandat signé et antidaté
Selon le quotidien américain, Jean Roger Noelcius a confirmé avoir signé le document en janvier 2021, tout en l’antidatant au 18 février 2019 et en y apposant le sceau officiel. La légalité de ce mandat est fortement contestée.
Ce document aurait été invoqué par plusieurs suspects dans le cadre de l’assassinat du président, survenu le 7 juillet 2021 à Port-au-Prince.
La déposition de l’ancien magistrat, réalisée par visioconférence depuis le Canada où il réside, aurait duré environ six heures. Il a nié toute implication dans la mort du chef de l’État et précisé que le mandat ne constituait en aucun cas une autorisation d’exécution, d’enlèvement ou d’intervention de ressortissants étrangers.
Un dossier toujours non élucidé
Plus de 50 mois après l’assassinat de Jovenel Moïse, Haïti ne dispose toujours ni d’un président élu ni d’un Parlement fonctionnel. Les responsabilités complètes dans ce crime n’ont pas été établies par la justice, et les commanditaires présumés comme les motivations exactes restent inconnus du grand public.
Cette déposition intervient à deux semaines du procès prévu le 9 mars à Miami, où cinq hommes arrêtés dans cette affaire doivent comparaître pour complot en vue d’assassiner le président à son domicile.
Le dossier, aux ramifications internationales, demeure l’un des plus sensibles et complexes de l’histoire politique récente d’Haïti.
