Port-au-Prince, le 6 août 2026 – La situation sécuritaire dans la Plaine du Cul-de-Sac et plusieurs quartiers de Cité Soleil continue de se détériorer. Dans un rapport publié ce jeudi 6 août, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) indique qu’au moins 613 personnes ont été tuées et 375 autres blessées entre le 6 mars et le 31 juillet 2026 en raison des affrontements entre groupes armés.
Le rapport souligne que la majorité des victimes étaient des civils n’ayant aucun lien avec les gangs. Parmi les personnes tuées figurent 111 femmes et 77 enfants, illustrant l’ampleur des conséquences de cette violence sur les populations les plus vulnérables.
Le BINUH fait également état de 176 cas de violences sexuelles, dont plusieurs viols collectifs. Selon l’organisation, ces actes auraient été commis par des membres de groupes armés pour intimider ou exercer des représailles contre des habitants vivant dans des quartiers perçus comme favorables à des gangs rivaux.
Les affrontements ont paralysé la vie quotidienne dans les zones concernées. Des bâtiments publics et privés ont été pris pour cible, tandis que des écoles, des centres de santé et de nombreux commerces ont été contraints de suspendre leurs activités.
Cette insécurité persistante a provoqué le déplacement de plus de 18 000 personnes, forcées d’abandonner leur domicile pour chercher refuge dans des zones plus sûres.
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti et chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, a estimé que ce lourd bilan humain démontre l’urgence de renforcer la protection des populations civiles.
Le rapport revient également sur l’une des attaques les plus meurtrières de cette période. Dans la soirée du 13 juin 2026, à l’issue d’un match de la Coupe du monde opposant Haïti à l’Écosse, un rassemblement de plus de 300 personnes, animé notamment par un groupe musical traditionnel, a été la cible d’une attaque menée par des hommes armés. Le drame a fait plus de 61 morts et 20 blessés, parmi lesquels au moins sept enfants. La plus jeune victime était âgée de seulement sept ans.
Selon le BINUH, plusieurs exactions documentées au cours de ces violences, notamment les homicides, les violences sexuelles et les destructions d’infrastructures essentielles, pourraient constituer de graves violations des droits humains.
