PORT-AU-PRINCE, vendredi 23 janvier 2026 — Deux conseillers-présidents du Conseil présidentiel de transition (CPT), Leslie Voltaire et Edgard Leblanc, ont réaffirmé vendredi, lors d’une conférence de presse, la décision de mettre fin aux fonctions du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Ils assurent que cette mesure a été prise dans le respect du cadre légal de la transition et vise à préserver la souveraineté nationale et la stabilité politique.

Selon Leslie Voltaire, la décision s’inscrit dans la continuité de discussions menées avec des acteurs politiques et de la société civile, autour des principales revendications nationales. Il a indiqué que l’une des demandes majeures portait sur la nécessité de « libérer l’espace politique » afin de permettre des négociations inclusives sur la gouvernance.

« La principale revendication est de libérer l’espace politique pour que toutes les questions — la Primature, la Présidence et les autres institutions — puissent être abordées dans le cadre de négociations », a déclaré Leslie Voltaire, soulignant que la décision avait été adoptée à l’issue d’un vote au sein du CPT.

Il a précisé que l’objectif est de permettre la nomination d’un nouveau Premier ministre de transition chargé de contribuer à l’élaboration d’une formule de gouvernance consensuelle. Tout en évoquant les appels internationaux à une « solution haïtienne » à la crise, il a estimé que les initiatives internes se heurtent souvent à des pressions extérieures.

Leslie Voltaire a toutefois assuré que le CPT ne rejette pas l’appui de la communauté internationale, notamment dans le cadre de la lutte contre l’insécurité. Il a insisté sur la responsabilité du Conseil dans la conduite du processus de transition, rappelant que le CPT a nommé les autorités actuelles en novembre 2024 et qu’il lui revient également de proposer une nouvelle configuration institutionnelle.

De son côté, Edgard Leblanc a expliqué que la conférence de presse visait à clarifier la position du CPT à l’approche de l’échéance du 7 février. Il a indiqué que la décision de remplacer le Premier ministre a été prise conformément aux dispositions du décret organisant le Conseil présidentiel de transition, notamment les articles 11 et 22.

Selon lui, le CPT a décidé, à la majorité qualifiée, de nommer un Premier ministre intérimaire pour une période maximale de 30 jours. Durant cet intervalle, des consultations seront engagées avec les partis politiques, les organisations de la société civile, les secteurs religieux et d’autres acteurs nationaux afin de définir une formule de gouvernance acceptable.

Edgard Leblanc a précisé que l’objectif dépasse la seule échéance du 7 février et vise à offrir au pays une orientation claire pour la suite de la transition, notamment en matière de sécurité, de stabilité et de développement.

Les deux conseillers-présidents ont enfin assuré que la démarche s’inscrit dans un processus de dialogue et de transparence, malgré l’absence de certains membres du Conseil en déplacement, réaffirmant leur volonté de parvenir à une sortie de crise fondée sur des décisions prises entre Haïtiens.

Partager.

Les commentaires sont fermés.

Exit mobile version