Port-au-Prince, 13 septembre 2026. — Face à la persistance de la crise en Haïti, le Mouvement de solidarité pour la construction d’Haïti (MSCH) plaide en faveur d’un changement d’approche dans la gestion de la transition. Le mouvement estime qu’une évaluation indépendante des mécanismes mis en place depuis 2021 est désormais nécessaire.
Selon le MSCH, les différentes initiatives politiques engagées au cours des dernières années n’ont pas permis d’enrayer l’instabilité. L’organisation considère qu’il devient indispensable d’identifier les faiblesses des dispositifs actuels et d’évaluer leurs résultats.
La question sécuritaire figure également parmi les principales préoccupations du mouvement. Le MSCH dénonce l’expansion des groupes armés, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, une situation qui, selon lui, compromet la sécurité des citoyens, l’économie et le fonctionnement des infrastructures essentielles.
L’organisation souhaite aussi une évaluation de la réponse internationale en matière de sécurité, notamment des difficultés liées au financement, aux effectifs, aux équipements et au déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité.
Un dialogue national à élargir
Le MSCH préconise parallèlement un dialogue national plus inclusif. Pour le mouvement, celui-ci ne doit pas se limiter aux acteurs politiques, mais intégrer la société civile, le secteur privé, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales, les femmes, les jeunes, les universités, les organisations paysannes ainsi que la diaspora.
L’objectif serait de favoriser un consensus national autour des principaux défis auxquels le pays est confronté.
Cinq axes prioritaires
Le mouvement avance cinq propositions pour une nouvelle orientation de la transition : une évaluation indépendante des mécanismes existants, la refonte du dialogue national, la priorité accordée à la sécurité, la préparation d’élections crédibles et la lutte contre les causes profondes de la crise.
Sur le plan sécuritaire, le MSCH souhaite notamment une meilleure coordination entre la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et les partenaires internationaux. Le renseignement, la surveillance des frontières, la lutte contre le trafic d’armes et le démantèlement des réseaux criminels figurent parmi les priorités évoquées.
En matière électorale, l’organisation estime que le pays doit retrouver une véritable légitimité démocratique à travers un processus transparent, inclusif, accessible, sécurisé et crédible.
Enfin, le MSCH appelle à s’attaquer à des problèmes structurels tels que la corruption, l’impunité, le trafic d’armes, le financement des groupes armés, les faiblesses du système judiciaire, la pauvreté, l’exclusion sociale et le chômage des jeunes.
Le mouvement invite ainsi les autorités haïtiennes, la CARICOM, les Nations unies, les partenaires internationaux et les différents secteurs de la société à réévaluer les mécanismes actuels. Pour le MSCH, une nouvelle transition ne peut être efficace sans une modification profonde de la méthode de gouvernance et des résultats concrets pour la population.


