Le United States Department of Justice a saisi un tribunal fédéral afin d’obtenir la révocation de la citoyenneté américaine de Philippe Bien-Aimé, ancien maire de North Miami. Les autorités l’accusent d’avoir dissimulé son identité et certains éléments de son parcours migratoire au moment de sa naturalisation.
La plainte civile a été déposée devant le United States District Court for the Southern District of Florida, selon des documents judiciaires rendus publics.
Identité contestée et antécédents migratoires
Né à Port-au-Prince, en Haïti, Philippe Bien-Aimé a obtenu la nationalité américaine en 2006. Il a été élu maire de North Miami en 2019, avant de démissionner en 2022 pour se présenter à la Commission du comté de Miami-Dade, sans succès.
Selon la plainte, il serait entré pour la première fois aux États-Unis en 1997 avec un faux passeport sous le nom de Jean Philippe Janvier. En juillet 2000, un juge de l’immigration aurait conclu à une entrée frauduleuse sur le territoire et ordonné son expulsion vers Haïti.
Les autorités fédérales soutiennent qu’après avoir initialement fait appel de la décision, puis indiqué qu’il retournerait en Haïti, il serait resté aux États-Unis sous le nom de Philippe Bien-Aimé.
Des dossiers du Department of Homeland Security, notamment des comparaisons d’empreintes digitales, indiqueraient que la personne naturalisée sous le nom de Philippe Bien-Aimé serait la même que celle visée par une procédure d’expulsion sous une autre identité.
La plainte affirme également qu’il aurait épousé une citoyenne américaine afin d’obtenir la résidence permanente alors qu’il était toujours légalement marié à une ressortissante haïtienne. Le certificat de divorce présenté aux services d’immigration serait, selon l’accusation, falsifié.
Une procédure civile
« La citoyenneté américaine est un privilège fondé sur l’honnêteté et la loyauté envers ce pays », a déclaré Jason A. Reding Quiñones, procureur fédéral pour le district sud de la Floride. « Si les faits sont avérés, nous demanderons au tribunal de révoquer un statut qui n’a jamais été obtenu légalement. »
De son côté, son avocat, Peterson St. Philippe, a indiqué à NBC Miami que la défense examinait la plainte et y répondrait « par les voies légales appropriées », sans autre commentaire en raison de la procédure en cours.
Cette action s’inscrit dans un contexte où l’administration de Donald Trump intensifie les procédures de dénaturalisation visant certains citoyens naturalisés. Il s’agit d’une démarche civile distincte d’une poursuite pénale, souvent longue et susceptible de s’étendre sur plusieurs années.
À ce stade, aucune décision judiciaire n’a été rendue, et Philippe Bien-Aimé bénéficie de la présomption d’innocence.
