Le narcotrafiquant mexicain Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », est mort dimanche lors d’une opération des forces de sécurité mexicaines à Tapalpa, dans l’État de Jalisco, avec l’appui de renseignements nord-américains.
Chef du Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), il figurait parmi les criminels les plus recherchés par les États-Unis, qui avaient offert jusqu’à 15 millions de dollars pour toute information menant à sa capture.
Sa mort a immédiatement déclenché une vague de violences : incendies criminels dans plusieurs États, perturbations majeures à l’aéroport de Guadalajara, écoles fermées, transports suspendus.
Une victoire politique à double tranchant
Pour la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, il s’agit d’une victoire importante, mais avant tout symbolique. El Mencho était l’un des derniers grands barons historiques du narcotrafic mexicain.
Cette opération intervient dans un contexte de pression accrue des États-Unis, notamment de la part du président Donald Trump, qui exige des résultats rapides contre les cartels et le trafic de fentanyl vers le territoire américain.
Depuis plusieurs mois, Washington intensifie ses demandes de coopération sécuritaire. La mise hors d’état de nuire d’un chef de cartel de cette envergure envoie donc un signal fort à la Maison Blanche.
La “décapitation”, une stratégie risquée
Cependant, l’élimination d’un chef de cartel ne signifie pas nécessairement l’affaiblissement durable de l’organisation.
La stratégie dite de la « décapitation » a déjà montré ses limites au Mexique : la mort ou l’arrestation de dirigeants peut provoquer des luttes internes pour le contrôle, une fragmentation des groupes et une intensification de la violence.
Le risque principal réside dans :
- des affrontements entre factions du cartel ;
- des tentatives d’expansion par des groupes rivaux ;
- une multiplication d’actes violents à visée démonstrative contre l’État.
À court terme, les experts estiment probable une hausse des violences dans les bastions du CJNG, notamment à Guadalajara, ville stratégique à la fois pour le trafic et pour son importance économique et internationale.
Impact limité sur le trafic de drogue ?
Sur le plan structurel, la disparition d’El Mencho ne garantit pas une réduction du flux de drogue vers les États-Unis.
Les cartels fonctionnent comme des réseaux complexes, avec des relais logistiques et financiers internationaux. Même affaibli, le CJNG pourrait se restructurer rapidement, ou laisser la place à d’autres organisations.
Certains analystes mettent également en garde contre un possible recentrage sur des activités criminelles locales, comme l’extorsion ou les enlèvements, si les capacités internationales du cartel venaient à diminuer.
Un pays toujours sous tension
La mort d’El Mencho illustre à la fois la capacité de l’État mexicain à frapper un acteur majeur du narcotrafic et la fragilité persistante de l’équilibre sécuritaire.
Si l’opération constitue un succès politique immédiat, ses conséquences réelles se mesureront dans les mois à venir : stabilité retrouvée ou nouvelle spirale de violences.


