Des hommes armés ont attaqué un village du centre-nord du Nigeria, incendiant un marché et enlevant plusieurs habitants. Une nouvelle violence qui illustre l’aggravation de l’insécurité dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Plus de 30 personnes ont été tuées et plusieurs autres enlevées samedi dans le village de Kasuwa Daji, district de Kabe, dans l’État du Niger, au centre-nord du Nigeria. L’attaque a été perpétrée par des groupes armés qualifiés de « bandits » par les autorités, a annoncé dimanche 4 janvier la police locale.
Selon Wasiu Abiodun, porte-parole de la police de l’État, les assaillants ont envahi le village pendant plusieurs heures, incendié le marché et pillé des boutiques, principalement à la recherche de nourriture. « Plus de 30 victimes ont perdu la vie pendant l’attaque, et certaines personnes ont également été enlevées », a-t-il déclaré.
Des images et une vidéo consultées par l’AFP montrent que certaines victimes avaient les mains liées dans le dos au moment de leur exécution. De son côté, l’Église catholique locale avance un bilan encore plus lourd, affirmant que plus de 40 personnes ont été tuées. Dans un communiqué publié sur Facebook, le diocèse catholique de Kontagora affirme que les assaillants ont opéré « sans aucune présence sécuritaire ».
Une violence endémique dans le centre et le nord du pays
Depuis plusieurs années, des bandes criminelles lourdement armées multiplient les attaques dans les zones rurales du nord-ouest et du centre du Nigeria, profitant de la faible présence de l’État. Ces groupes, installés dans de vastes zones forestières couvrant plusieurs États — notamment Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Kebbi et Niger — sont responsables de milliers de morts et d’enlèvements contre rançon.
L’État du Niger figure parmi les plus durement touchés ces derniers mois. En novembre, plus de 250 élèves et membres du personnel d’une école catholique y avaient été enlevés. Ils avaient été libérés quelques semaines plus tard, sans que les autorités ne précisent si une rançon avait été versée.
Un pays confronté à de multiples crises sécuritaires
Le Nigeria reste profondément marqué par de nombreux foyers de violence :
– une insurrection djihadiste vieille de plus de quinze ans dans le nord-est,
– les attaques de bandits dans le nord-ouest et le centre,
– des affrontements entre agriculteurs et éleveurs,
– et des mouvements séparatistes dans le sud-est.
Le souvenir de l’enlèvement de près de 300 lycéennes à Chibok en 2014 par Boko Haram reste vif, certaines d’entre elles étant toujours portées disparues. Plus récemment, la veille de Noël, un attentat-suicide dans une mosquée de l’État de Borno a fait au moins cinq morts.
Pressions internationales et réponse des autorités
Face à cette insécurité persistante, les États-Unis ont récemment critiqué l’incapacité des autorités nigérianes à contenir les violences. Le président américain Donald Trump a notamment évoqué une prétendue « persécution des chrétiens », une accusation rejetée par le gouvernement nigérian et par plusieurs analystes, qui soulignent que les attaques touchent indifféremment chrétiens et musulmans.
En décembre, le président nigérian Bola Tinubu a promis une refonte de la sécurité nationale, annonçant que le budget 2026 accorderait une place prioritaire aux dépenses de défense, quelques jours après la nomination d’un nouveau ministre de la Défense.
