Les États-Unis restent sous le choc après la mort d’Alex Pretti, infirmier de 37 ans, tué samedi à Minneapolis (Minnesota) lors d’une intervention d’agents fédéraux de l’immigration. Au lendemain de ce drame, l’ancien président américain Barack Obama est sorti de son silence pour dénoncer une situation qu’il qualifie de profondément inquiétante pour la démocratie américaine.

Dans une déclaration publiée dimanche, Barack Obama a évoqué une « tragédie bouleversante » qui, selon lui, doit également « servir d’avertissement à chaque Américain, sans distinction d’appartenance politique ». Il estime que « nombre de nos valeurs fondamentales en tant que nation sont de plus en plus menacées ».

L’ancien chef de l’État a rappelé que les agents fédéraux chargés de l’application de la loi et de l’immigration exercent une mission difficile, mais qu’ils sont tenus d’agir « de manière légale et responsable ». Il a insisté sur la nécessité d’une coopération avec les autorités étatiques et locales afin d’assurer la sécurité publique. « Ce n’est pas ce que nous constatons au Minnesota. En fait, nous constatons le contraire », a-t-il affirmé.

Barack Obama a également dénoncé ce qu’il décrit comme « le spectacle de recrues masquées de l’ICE et d’autres agents fédéraux agissant en toute impunité », accusés d’employer des « tactiques conçues pour intimider, harceler, provoquer et mettre en danger les habitants » de Minneapolis.

L’ancien président accuse directement Donald Trump et son administration de chercher à « aggraver la situation » en avançant des explications qui, selon lui, « ne sont étayées par aucune enquête sérieuse » et seraient contredites par des images vidéo. « Cela doit cesser », a-t-il martelé.

Barack Obama appelle par ailleurs les responsables de l’administration fédérale à collaborer avec les autorités locales du Minnesota, notamment le gouverneur Tim Walz et le maire de Minneapolis, Jacob Frey, afin « d’éviter davantage de chaos » et de poursuivre des objectifs légitimes en matière d’application de la loi.

Enfin, il a exprimé son soutien aux manifestants mobilisés à Minneapolis et dans d’autres villes du pays. « Chaque Américain devrait soutenir et s’inspirer de la vague de manifestations pacifiques », a-t-il déclaré, estimant qu’elles rappellent que la défense des libertés fondamentales et la lutte contre l’injustice relèvent aussi de la responsabilité citoyenne.

Cette déclaration intervient alors que la mobilisation se poursuit à Minneapolis contre la présence de quelque 3 000 agents fédéraux de l’immigration dans la ville. Une grande marche est prévue ce dimanche et devrait rassembler plusieurs milliers de personnes.

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