Port-au-Prince, le 31 mai 2026 – L’Organisation pour le Respect et la Défense des Droits Humains (ORDEDH) affirme avoir relevé plusieurs irrégularités présumées dans le cadre du programme P4000 de recrutement de la Police nationale d’Haïti (PNH). Ces allégations sont détaillées dans un rapport publié le 29 mai 2026 sous le titre : « Rapport sur le braquage du programme P4000 : Comment la mafia du P4000 complète les listes des 37e et 38e promotions de la PNH ».
Selon l’organisation, certains candidats ayant réussi les examens intellectuels et les épreuves physiques auraient été éliminés lors des évaluations médicales, tandis que d’autres auraient obtenu leur admission grâce à des interventions extérieures ou à des pratiques de corruption. L’ORDEDH indique avoir recueilli des témoignages faisant état de versements pouvant atteindre 75 000 gourdes en échange d’une place à l’École nationale de police.
Le rapport revient également sur le recrutement de la 36e promotion, pour laquelle l’organisation évoque des traitements préférentiels dont auraient bénéficié certains candidats. Selon l’ORDEDH, ces pratiques se poursuivraient dans les processus de sélection des 37e et 38e promotions.
Par ailleurs, l’organisation soulève des préoccupations concernant certaines procédures d’évaluation. Elle remet notamment en question l’absence présumée d’enquêtes de moralité pour certains postulants et critique le recours à des tests polygraphiques lors d’évaluations réalisées à l’hôtel El Rancho.
Le document fait également état d’allégations de corruption sexuelle et de manipulations administratives qui auraient favorisé l’intégration de candidats ne répondant pas aux critères établis. À ce stade, ces accusations n’ont toutefois fait l’objet d’aucune confirmation officielle de la part des autorités compétentes.
Estimant que ces révélations présumées soulèvent de sérieuses interrogations sur les mécanismes de contrôle et de transparence du processus de recrutement, l’ORDEDH interpelle les autorités haïtiennes ainsi que les partenaires internationaux impliqués dans le financement et l’accompagnement du programme P4000.
L’organisation réclame l’ouverture d’une enquête indépendante, la réalisation d’un audit complet du processus de recrutement et la révision des dossiers d’admission des promotions concernées.
Enfin, l’ORDEDH appelle l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), la Direction générale de la PNH et les bailleurs internationaux à prendre les mesures nécessaires afin de garantir l’intégrité, l’équité et la transparence des futurs recrutements au sein de la Police nationale d’Haïti.


