Port-au-Prince, 20 décembre 2025 — Après des mois d’abandon sécuritaire et de déplacements forcés de populations, les autorités de transition ont fait, ce samedi, une apparition hautement symbolique à Solino, quartier meurtri par la violence armée. Les conseillers-présidents Leslie Voltaire et Edgar Leblanc Fils, accompagnés du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, y ont effectué une visite de terrain dans le cadre du programme gouvernemental « Retour au quartier ».

Présentée comme un acte de réaffirmation de l’autorité publique, cette descente sur le terrain vise à montrer que l’État entend reprendre le contrôle de territoires longtemps laissés aux groupes armés. Solino, zone stratégique et densément peuplée de la capitale, symbolise à lui seul l’effondrement progressif de la présence étatique à Port-au-Prince.

Pour le pouvoir de transition, la démarche est claire : signaler que plus aucun quartier ne doit être considéré comme perdu. En se rendant sur place, les dirigeants cherchent aussi à rétablir un lien avec une population éprouvée par l’insécurité, les déplacements internes et la paralysie des services publics.

Reste que cette visite, aussi symbolique soit-elle, soulève des attentes importantes. À Solino comme ailleurs, les habitants réclament davantage que des signaux politiques : une présence sécuritaire durable, la restauration des services de base et des conditions réelles de retour à une vie normale.

Dans un contexte où la crédibilité de l’État se joue désormais sur le terrain, cette opération marque peut-être un tournant. Mais pour de nombreux observateurs, le véritable test commencera après les caméras, lorsque la continuité de l’action publique devra remplacer l’effet d’annonce.

Partager.

Les commentaires sont fermés.

Exit mobile version