GROS-MORNE, 15 octobre 2026 — Les violences armées continuent de provoquer des déplacements de population dans le département de l’Artibonite. À Gros-Morne, plus de 10 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile pour échapper aux attaques, selon les données rapportées dans le cadre de cette évaluation.
D’après l’organisation concernée, 99 % des personnes déplacées ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil. Les 1 % restants sont hébergés dans deux sites aménagés à la suite des violences.
Les communes de Gros-Morne et des Gonaïves accueillent respectivement 71 % et 23 % des personnes déplacées recensées, ce qui témoigne de la pression exercée sur les communautés qui reçoivent ces familles.
Plusieurs localités touchées par les attaques
Les violences ont notamment affecté Péletier, Carnifice et le centre-ville, dans la troisième section communale de Rivière-Blanche. D’autres localités ont également été touchées, dont Kamas, dans la sixième section de Savane-Carrée, et Dosny, dans la septième section de Moulin.
Cette nouvelle vague de déplacements intervient alors que l’insécurité continue de s’aggraver dans l’Artibonite. Dans son évaluation nationale couvrant la période de mai à août 2026, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait déjà signalé une hausse de 16 % des déplacements dans le département entre les deux périodes comparées.
Des violences coordonnées dans le Bas-Artibonite
Le rapport final du Groupe d’experts du Conseil de sécurité des Nations unies fait également état de violences coordonnées impliquant les gangs Gran Grif, Kokorat San Ras et Canaan dans le Bas-Artibonite.
Selon ce document, ces groupes ont tué plus de 100 personnes entre le 29 mars et le 13 avril 2026. Des tirs indiscriminés et des incendies d’habitations ont également contraint de nombreuses familles à fuir leurs quartiers.
Le rapport souligne par ailleurs une augmentation de l’enrôlement d’enfants par les gangs en Haïti, une situation qui soulève de sérieuses préoccupations quant à la protection des mineurs.
Au-delà des pertes humaines et des destructions matérielles, ces violences fragilisent davantage les communautés touchées. Les déplacements forcés exposent les familles à de nouvelles difficultés, notamment en matière de logement, de sécurité et d’accès aux services essentiels.
