Port-au-Prince, 17 janvier 2026 — Le projet de contrat liant l’État haïtien à un consortium international composé des firmes Evergreen, Alex Stewart International, ENSE Group et SecuriPort est en passe d’être transmis à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) pour examen et validation. L’information a été confirmée au Nouvelliste par une source gouvernementale.
D’une durée de dix ans, ce contrat vise à renforcer la sécurité aux frontières haïtiano-dominicaines, dans les ports et à travers le système d’immigration, tout en améliorant la performance des services douaniers et les mécanismes de contrôle des entrées et sorties du territoire national.
Un investissement annoncé de 500 millions de dollars
Selon les informations recueillies, le projet représenterait un investissement global de 500 millions de dollars américains, principalement consacrés à l’acquisition d’équipements, de matériels technologiques et d’infrastructures de contrôle.
« La firme s’engage à investir 500 millions de dollars. Il y aura une partie fixe et une partie variable dans le contrat. Plus Haïti enregistrera de recettes, plus ces firmes bénéficieront d’un certain pourcentage », a expliqué la source, soulignant l’enjeu stratégique de cette initiative en matière de sécurité nationale et de compétitivité économique.
Douanes, police et ministère de l’Intérieur en première ligne
Le déploiement opérationnel restera sous la responsabilité des institutions haïtiennes. La Douane, la Police nationale d’Haïti (PNH) — notamment la Police frontalière (PoliFront) — ainsi que le ministère de l’Intérieur, seront chargés des contrôles sur le terrain et des opérations de perception.
Le projet prévoit un renforcement significatif de la PoliFront, avec un déploiement élargi le long de la frontière terrestre, y compris en dehors des points de passage officiels. « Même avec une présence minimale de la douane à Malpasse, la frontière reste largement libre. Rétablir l’ordre nécessite des agents bien armés, bien équipés et correctement positionnés », a précisé la source.
Un modèle inspiré de SecuriPort et des standards américains
Le consortium entend s’appuyer sur l’expertise de SecuriPort, déjà active dans plusieurs aéroports internationaux, notamment aux États-Unis. Le contrôle des systèmes d’immigration, des passeports, ainsi que des flux d’entrées et de sorties serait modernisé selon des standards internationaux.
« On veut répliquer le modèle SecuriPort, comme aux États-Unis. Cette firme est présente dans de nombreux aéroports américains », a indiqué la source, mettant également l’accent sur la nécessité de protéger les industries haïtiennes.
Dans cette optique, l’État haïtien prévoit la signature d’un protocole d’accord avec l’ADIH et la CCIH, afin de faciliter les procédures douanières pour les industries de production nationale. « On ne peut pas renforcer la compétitivité des entreprises tout en laissant une frontière poreuse », a-t-elle insisté, évoquant le rôle central de la contrebande et des réseaux mafieux dans l’affaiblissement de l’économie nationale.


