Port-au-Prince, 10 octobre 2026. — L’insécurité alimentaire continue de frapper durement Haïti. Selon une analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), publiée en avril 2026 par la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), 5,83 millions de personnes, soit 52 % de la population analysée, étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë entre mars et juin 2026. Parmi elles, près de 1,9 million se trouvaient en situation d’urgence alimentaire.
Les violences des groupes armés, les difficultés d’approvisionnement et la baisse de la production agricole aggravent cette crise. Les restrictions de circulation compliquent également l’accès aux marchés et réduisent les revenus des agriculteurs.
Pour répondre à ces difficultés, la deuxième phase du Programme multisectoriel de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PMSAN II) prévoit d’accompagner 15 000 familles agricoles, soit plus de 60 000 personnes, dans les communes de Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve. Le programme prévoit également la création de 3 000 emplois temporaires dans le secteur agricole.
À Kenscoff, les problèmes de sécurité perturbent aussi les activités agricoles et l’approvisionnement de la région métropolitaine de Port-au-Prince en produits maraîchers. L’Union européenne estime que les producteurs de cette commune montagneuse devraient également bénéficier d’un accompagnement. Toutefois, rien ne confirme officiellement que Kenscoff figure parmi les zones d’intervention du PMSAN II.
Pour Hélène Roos, ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, la sécurité et le développement sont étroitement liés. « Sans sécurité, il n’y a pas de développement et sans développement, la sécurité ne peut durer », a-t-elle déclaré.
Malgré les initiatives annoncées, les besoins restent considérables. La réussite du programme dépendra notamment de la continuité du soutien aux agriculteurs, de la protection des zones de production et de l’amélioration des circuits de commercialisation, afin de permettre aux familles rurales de préserver leurs revenus et de contribuer durablement à l’approvisionnement alimentaire du pays.
