Port-au-Prince, le 11 septembre 2026. — La Coalition haïtienne des organisations pour la transparence électorale (COHTE) réagit à l’installation du nouveau bureau des conseillers électoraux. Dans un communiqué publié ce vendredi, elle affirme que la confiance des citoyens et des acteurs politiques demeure fragile et appelle à des changements avant les prochains scrutins.
Deux directions dans le viseur
La COHTE fonde ses recommandations sur les conclusions de son rapport d’évaluation du cycle électoral 2024-2026. Elle cible particulièrement la Direction des opérations électorales (DOE) et la Direction des affaires juridiques (DAJ).
La coalition dénonce notamment un manque de transparence dans la révision de la cartographie électorale, la délocalisation de certains centres de vote pour des raisons sécuritaires ainsi qu’une politisation présumée du personnel affecté sur le terrain.
Elle demande, en conséquence, le remplacement immédiat du directeur des opérations électorales. Elle souhaite également que le directeur des affaires juridiques soit réaffecté à une fonction ne lui permettant pas d’avoir un pouvoir décisionnel sur le processus électoral.
Selon la COHTE, cette mesure permettrait notamment de réduire les risques d’instrumentalisation du contentieux électoral.
Les données personnelles préoccupent la coalition
La question de la protection des données personnelles figure également parmi les préoccupations soulevées. La COHTE affirme que les informations concernant des personnes déplacées internes et des bénéficiaires de programmes sociaux seraient utilisées sans leur consentement pour gonfler artificiellement les listes d’adhérents de certains partis.
Pour favoriser la transparence, elle demande au Conseil électoral provisoire de rendre publiques les listes complètes des 30 000 adhérents déclarés par chaque formation politique.
Cette publication permettrait, selon l’organisation, aux citoyens de vérifier les données les concernant et de signaler d’éventuelles irrégularités.
Faciliter l’identification des électeurs
La COHTE s’inquiète également des difficultés liées à l’identification des électeurs. Elle estime que les problèmes rencontrés par l’Office national d’identification (ONI) pourraient empêcher des centaines de milliers de nouveaux majeurs et de personnes déplacées d’exercer leur droit de vote.
La coalition invite ainsi le CEP à collaborer avec l’ONI pour déployer des unités mobiles d’enrôlement, en donnant la priorité aux citoyens qui ne disposent pas encore des documents requis.
Pour la COHTE, la mise en œuvre de ces recommandations contribuerait à restaurer la confiance et à réduire les risques de contestations et de tensions autour des prochaines élections.
