Delmas, 6 septembre 2026 — À la veille de la rentrée scolaire 2026-2027, le climat reste tendu dans le secteur éducatif haïtien. L’UNNOH, le CENEH et la CUTRASEPH contestent les conditions dans lesquelles le gouvernement s’apprête à rouvrir les établissements scolaires et dénoncent une prise en compte insuffisante des difficultés rencontrées par les enseignants et les familles.

Les trois organisations syndicales ont fait connaître leur position lors d’une conférence de presse organisée vendredi 4 septembre à Delmas. Elles ont notamment critiqué la gestion du secteur éducatif par les autorités, mettant en cause le Premier ministre ainsi que le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Demero.

Les enseignants et les familles au cœur des préoccupations

Selon les syndicats, plusieurs conditions indispensables à une rentrée normale ne sont pas réunies. Ils attirent particulièrement l’attention sur les difficultés économiques des parents et sur les conditions de travail des enseignants.

Face à cette situation, l’UNNOH, le CENEH et la CUTRASEPH maintiennent leur appel au boycott de la rentrée sous l’actuel gouvernement. Ils réclament notamment des mesures concrètes en faveur des enseignants, des élèves et des familles.

La gestion du FNE vivement contestée

Le Fonds national d’éducation (FNE) constitue également une importante source de désaccord. Les trois organisations dénoncent une gestion qu’elles estiment politisée et critiquent le fonctionnement de l’institution dirigée par Jefnie Toussaint.

Les syndicats évoquent notamment des difficultés liées au programme de subvention scolaire, qui auraient entraîné de la confusion et des problèmes pour plusieurs parents. Ils réclament davantage de transparence ainsi que des procédures plus simples et accessibles.

Les organisations syndicales rapportent également des incidents impliquant des parents qui se seraient rendus au FNE pour effectuer leurs démarches. Selon leurs déclarations, certains auraient été confrontés à des actes de brutalité policière et à l’utilisation de gaz lacrymogènes par des agents de la PNH.

Les syndicats affirment en outre que plusieurs parents n’auraient pas obtenu la subvention malgré leurs démarches. Ils demandent que les bénéficiaires soient accueillis dans des conditions respectueuses et que la gestion des programmes sociaux soit davantage contrôlée.

L’accord du 20 janvier 2025 toujours au centre des revendications

Les revendications ne se limitent pas à la rentrée scolaire. L’UNNOH, le CENEH et la CUTRASEPH demandent également l’application intégrale de l’accord conclu le 20 janvier 2025.

Ils réclament notamment une amélioration des conditions de travail des enseignants et le respect des engagements pris par l’État envers le secteur éducatif.

À la veille de la rentrée prévue le 7 septembre, les trois organisations entendent donc maintenir la pression sur le gouvernement. Elles estiment qu’une véritable rentrée scolaire ne peut être réduite à la simple réouverture des établissements et appellent les autorités à prendre en compte les réalités économiques des familles et les conditions de travail du personnel éducatif.

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