Port-au-Prince, 23 décembre 2025 — Au moins soixante personnes ont été tuées chaque mois en 2025 dans des violences attribuées aux gangs armés en Haïti. Ces chiffres ont été révélés par la responsable de programme au Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Marie Rosie Auguste Ducénat, lors de son intervention, vendredi, sur les ondes de Radio Magik.
Selon le RNDDH, les victimes de cette violence généralisée ne se limitent pas à la population civile. Les forces de l’ordre ont également payé un lourd tribut. L’année 2025 est d’ailleurs présentée comme la plus meurtrière pour la Police nationale d’Haïti (PNH), avec 43 policiers tués, pour la plupart alors qu’ils étaient engagés dans des opérations de sécurité.
Le RNDDH fait également état de la mort de sept membres des Forces armées d’Haïti (FADH) ainsi que de deux agents de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), assassinés dans le cadre des violences armées.
S’appuyant sur les données de la Commission épiscopale Justice et Paix (CE-JILAP), Mme Ducénat indique qu’environ 1 500 homicides ont été recensés entre le 1er janvier et le 10 décembre 2025 sur l’ensemble du territoire national.
Par ailleurs, l’organisation de défense des droits humains affirme avoir documenté 31 massacres et attaques armées contre la population civile au cours de l’année, principalement dans les départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite, où la situation sécuritaire s’est fortement détériorée.
Selon la responsable du RNDDH, la coalition criminelle « Viv Ansanm » a particulièrement ciblé le département de l’Artibonite, entraînant de graves violations des droits humains, notamment des homicides, des destructions de biens et des déplacements massifs de populations vers des sites de personnes déplacées internes.
Dans le détail, neuf (9) attaques ont été enregistrées dans le département de l’Ouest, trois (3) dans le Centre et dix-neuf (19) dans l’Artibonite.
Ces chiffres traduisent l’ampleur de la crise sécuritaire que traverse le pays, dans un contexte où les organisations de défense des droits humains continuent d’appeler les autorités à des réponses concrètes et durables face à la montée de la violence armée.

