Tabarre, 5 mai 2026. — Une opération d’expulsion menée à “Baz Jamaïque”, à proximité de l’aéroport Guy Malary, suscite de vives tensions. Lancée par la Direction générale des douanes et la mairie de Tabarre, l’intervention fait suite à un ultimatum de quatre jours visant à libérer ce terrain destiné à être transformé en parking.
Tôt ce mardi, des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) sont intervenus pour évacuer les lieux. Sur ce site, environ 250 familles vivent depuis plusieurs années, certaines affirmant y être installées depuis 1987. Elles contestent toute occupation récente ou illégale.
Un avis officiel, daté du 27 avril 2026, avait fixé la date limite de départ au 4 mai. Toutefois, selon les résidents, aucune mesure de relogement n’a été proposée par les autorités, aggravant leur situation.
Sur le terrain, la tension est rapidement montée. Plusieurs habitants dénoncent une expulsion brutale et expriment leur désarroi face à l’absence d’alternative. « Nou pa gen kote pou n ale », confie une mère de famille. Beaucoup affirment dépendre des activités économiques locales pour assurer leur survie.
L’intervention policière, survenue après une montée de pression à la veille de l’échéance, marque un tournant dans ce dossier sensible. Sans solution de relogement, les familles concernées risquent de sombrer dans une précarité encore plus grande.
Cette situation relance une fois de plus le débat sur le droit au logement et l’efficacité des politiques sociales en Haïti.


