Port-au-Prince, 9 février 2026. — Dans une déclaration rendue publique ce lundi, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a appelé l’ensemble des acteurs nationaux à soutenir le gouvernement de transition et à se mobiliser autour des priorités communes, notamment la lutte contre l’insécurité et l’accélération des préparatifs électoraux.
Le BINUH a réaffirmé son engagement à appuyer pleinement les autorités intérimaires dans la mise en œuvre de ces objectifs, soulignant que la stabilité sécuritaire et l’organisation d’élections crédibles constituent des étapes essentielles vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Se référant à la résolution 2814 (2026) du Conseil de sécurité des Nations unies, le Bureau a insisté sur l’importance du dialogue politique inclusif afin de soutenir le processus de transition et de favoriser la reconstruction des institutions démocratiques du pays. Il a également exhorté les Haïtiennes et les Haïtiens à agir dans l’intérêt supérieur de la stabilité et du développement national.
Sur le plan diplomatique, la République française a salué la transmission ordonnée du pouvoir exécutif par le président Laurent Saint-Cyr au Conseil des ministres, désormais placé sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Paris a encouragé les autorités haïtiennes à poursuivre le renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H), tout en intensifiant la lutte contre les gangs criminels et leurs soutiens, notamment à travers la mobilisation de l’appareil judiciaire.
Dans son communiqué, la France a réaffirmé qu’elle maintiendra son appui aux forces de sécurité haïtiennes et accompagnera le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), conformément à la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a également confirmé la poursuite de son aide humanitaire en faveur des populations les plus vulnérables ainsi que de sa politique d’investissement solidaire en Haïti.
L’Élysée a par ailleurs appelé l’ensemble des acteurs politiques et des composantes de la société civile à travailler de concert avec les autorités intérimaires, dans l’objectif de garantir la stabilité, la sécurité et le retour à l’ordre constitutionnel par l’organisation d’élections libres, inclusives et crédibles.
Les États-Unis ont également déclaré prendre acte de ce transfert de pouvoir, qu’ils qualifient de pacifique, en vue de la préparation des prochaines élections générales. Washington s’est dit disposé à collaborer avec le Premier ministre et son équipe afin de favoriser la stabilisation du pays, tout en soulignant la responsabilité majeure qui incombe aux dirigeants haïtiens dans ce contexte décisif.
D’autres partenaires internationaux, dont le Canada — par la voix de la ministre des Affaires étrangères Anita Anand — et la République dominicaine, représentée par son président Luis Abinader, estiment que cette nouvelle phase de transition constitue une étape importante vers le renouveau de la gouvernance et la stabilité en Haïti.
Alors que le 7 février demeure une date hautement symbolique dans l’histoire démocratique du pays, cette passation pacifique du pouvoir est présentée par la communauté internationale comme un signal encourageant de la volonté des autorités actuelles de créer les conditions sécuritaires et politiques nécessaires au retour à l’ordre constitutionnel, rompu depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021.


