À l’approche du 7 février 2026, date annoncée comme la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, les initiatives visant à encadrer l’après-transition continuent de provoquer des débats. La proposition de médiation politique portée par l’Église catholique n’échappe pas à cette dynamique.

Dans une lettre adressée le 11 janvier 2026 à l’évêque Pierre André Dumas, l’ancien Premier ministre haïtien Jean Henry Céant a exprimé ses réserves quant à cette initiative. Sans contester la nécessité d’un dialogue national pour éviter un vide institutionnel, il estime que les conditions actuelles ne garantissent pas la neutralité requise pour un tel processus.

Jean Henry Céant met notamment en avant un précédent datant de mars 2024, période durant laquelle l’évêque de l’Anse-à-Veau et de Miragoâne avait cosigné un document relatif à la situation de personnalités haïtiennes sanctionnées par la communauté internationale. Selon l’ancien chef du gouvernement, cet épisode est de nature à fragiliser la perception d’impartialité indispensable à un rôle de médiateur politique.

Dans sa correspondance, il insiste sur le fait qu’un dialogue national crédible doit reposer sur des garanties claires, évoquant la neutralité du facilitateur, une approche collégiale et une distance affirmée vis-à-vis de toute implication politique antérieure.

Jean Henry Céant invite par ailleurs les membres du Conseil présidentiel de transition à analyser cette proposition avec prudence, compte tenu du contexte politique et institutionnel. Il suggère également que l’Église catholique privilégie, dans cette phase sensible, sa mission pastorale et spirituelle plutôt qu’un rôle direct de médiation politique.

Cette prise de position intervient dans un climat marqué par l’incertitude et les discussions autour des mécanismes susceptibles d’encadrer la transition à l’issue du 7 février 2026.

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