PORT-AU-PRINCE, 19 octobre 2026. — Quatre militaires salvadoriens déployés en Haïti dans le cadre de la Force de répression des gangs (GSF) sont portés disparus après une embuscade survenue dans la zone de Santo, à Croix-des-Bouquets. Les opérations visant à les localiser se poursuivent dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile.
D’après un communiqué des Forces armées du Salvador, les quatre techniciens aéronautiques, membres de la Force opérationnelle Libertad II, regagnaient leur campement à bord d’un véhicule blindé lorsque des hommes lourdement armés les ont attaqués à coups de feu et d’explosifs.
Touché lors de l’attaque, le véhicule a pris feu. Les quatre militaires ont toutefois réussi à en sortir avant que le contact avec eux ne soit perdu. Depuis, les autorités tentent de déterminer leur localisation et de rétablir le contact avec eux.
Des opérations de recherche entravées par les affrontements
Les recherches se heurtent à d’importantes difficultés sur le terrain. Les hélicoptères salvadoriens envoyés en renfort auraient essuyé des tirs et subi des impacts de balles. Des tentatives d’approche par voie terrestre ont également été menées, sans permettre de retrouver les quatre hommes.
L’intensité des affrontements et les risques liés à la présence de groupes armés compliquent ainsi les opérations de secours.
Le sort des quatre militaires reste incertain
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à Haïti, l’ambassadeur américain Mike Waltz a indiqué que Washington pensait que les quatre militaires étaient vivants, tout en précisant qu’ils demeuraient introuvables. Cette déclaration ne permet toutefois pas d’établir avec certitude leur état de santé actuel.
Par ailleurs, des informations relayées par un média local évoquent une possible capture par des membres du gang « Chen Mechan ». Cette hypothèse doit néanmoins être distinguée des faits officiellement confirmés. À ce stade, la localisation des quatre militaires demeure inconnue.
Le bilan rapporté fait état de quatre militaires disparus, contrairement à certaines premières informations qui évoquaient cinq hommes.
La stratégie de la force internationale remise en question
Cette embuscade relance également le débat sur la stratégie opérationnelle de la Force de répression des gangs. Sur les réseaux sociaux, certains internautes estiment que les forces de sécurité devraient davantage prendre l’initiative face aux groupes armés, plutôt que de se retrouver dans des positions où elles subissent des attaques surprises.
Ces critiques soulèvent des interrogations sur la capacité des forces déployées à anticiper les mouvements des gangs, à sécuriser leurs itinéraires et à intervenir dans les zones les plus dangereuses. Elles ne suffisent cependant pas, à elles seules, à établir que la force internationale se limite à une posture défensive.
Interrogé par Associated Press, Romain Le Cour, responsable de l’Observatoire d’Haïti au sein de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime, estime que certaines bandes armées cherchent à démontrer leur capacité à riposter aux opérations de sécurité. Dans l’hypothèse où les militaires seraient détenus, leur captivité pourrait également devenir un moyen de pression sur les forces de sécurité.
Une situation toujours préoccupante à Santo
En attendant de nouvelles informations, la priorité reste de retrouver les quatre militaires et de déterminer ce qui leur est arrivé après l’attaque. La situation illustre les risques auxquels sont confrontés les membres de la force internationale dans les secteurs où les groupes armés conservent une importante capacité de nuisance.
Les opérations se poursuivent dans un environnement marqué par de violents affrontements, tandis que les autorités appellent à la prudence dans la zone concernée.
