Port-au-Prince, 26 septembre 2026. À l’approche des prochaines élections, les autorités électorales poursuivent les préparatifs dans un environnement particulièrement difficile. Plus de deux mois après le lancement progressif des opérations d’inscription, la mobilisation des électeurs reste au centre des préoccupations, alors que l’insécurité et les difficultés de déplacement compliquent l’accès de nombreux citoyens aux centres d’inscription.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) indique que 628 755 électeurs étaient déjà inscrits au 21 septembre 2026, soit un peu plus de 10 % de l’électorat potentiel. L’institution précise également que 1 285 Centres d’inscription et de vote (CIV) sont opérationnels à travers les dix départements.
Ces chiffres montrent que le processus avance, mais à un rythme qui suscite des interrogations sur la capacité des autorités à atteindre une mobilisation beaucoup plus importante dans les prochaines semaines.
L’insécurité complique l’accès au processus électoral
La préparation des élections intervient dans un contexte où les déplacements restent difficiles dans plusieurs zones du pays. Pour une partie de la population, se rendre dans un centre d’inscription peut représenter une contrainte supplémentaire, particulièrement dans les secteurs confrontés à des problèmes de sécurité et de circulation.
Cette réalité doit être prise en compte dans l’analyse du niveau actuel des inscriptions. Une faible présence dans les centres ne peut pas automatiquement être interprétée comme un rejet du processus électoral ou comme une volonté de boycott.
Plusieurs facteurs peuvent intervenir simultanément : l’insécurité, les difficultés de transport, l’accès aux centres, le manque d’information ou encore la confiance accordée aux institutions chargées d’organiser les élections.
Plus de 628 000 électeurs déjà enregistrés
Selon le bilan publié par le CEP le 21 septembre, les opérations d’inscription, commencées progressivement les 20 et 21 juillet dans neuf départements, puis le 30 juillet dans l’Ouest, se poursuivent sur l’ensemble du territoire.
Le dispositif compte actuellement 1 285 centres opérationnels. Dans l’Ouest, le CEP fait état de 148 centres accueillant quotidiennement des citoyens pour les formalités d’inscription. Les taux enregistrés varient toutefois fortement d’un département à l’autre. Le Sud-Est affiche 16 %, la Grand’Anse 15 % et les Nippes 14,5 % de leur population en âge de voter, selon les données communiquées par le CEP.
Ces écarts montrent que la mobilisation électorale ne se présente pas de la même manière sur l’ensemble du territoire.
Un processus qui avance malgré les difficultés
En parallèle des inscriptions, le CEP poursuit d’autres étapes de la préparation électorale. L’institution indique notamment avoir enregistré des candidatures sur sa plateforme et poursuit la mise en place du personnel nécessaire aux opérations électorales. Au 21 septembre, le CEP faisait état de sept candidatures à la présidence, 162 au Sénat et 419 à la députation.
La préparation du personnel électoral se poursuit également. Le CEP indique avoir recruté et formé 2 853 agents du registre électoral ainsi que 4 643 agents de sécurité électorale.
La participation dépendra aussi des conditions sur le terrain
Au-delà des chiffres d’inscription, la question centrale reste celle de l’accès effectif des citoyens au processus électoral.
Dans plusieurs zones, les problèmes de sécurité peuvent limiter les déplacements et rendre plus difficile la fréquentation des centres. À cela s’ajoutent les préoccupations liées à l’information de la population et à la confiance dans les institutions électorales.
Il serait donc prématuré de considérer le niveau actuel des inscriptions comme la preuve d’un boycott. Les données disponibles permettent surtout de constater que la mobilisation demeure encore limitée par rapport à l’électorat potentiel.
Les prochaines semaines seront ainsi déterminantes. L’évolution des inscriptions permettra de mesurer si les autorités parviennent à élargir la participation, tandis que les conditions sécuritaires et la facilité d’accès aux centres resteront des éléments importants dans le déroulement du processus.
En Haïti, la préparation des prochaines élections ne se joue donc pas uniquement dans les bureaux du CEP. Elle dépend également des réalités auxquelles les citoyens sont confrontés quotidiennement : pouvoir se déplacer, accéder aux centres d’inscription et disposer des conditions nécessaires pour participer au processus électoral.


