Minnesota, 18 janvier 2026 — La situation reste tendue dans l’État du Minnesota, où les autorités américaines ont placé près de 1 500 soldats en mesure d’être déployés pour intervenir face aux manifestations et aux affrontements en cours à Minneapolis. Cette mobilisation est en lien avec les protestations contre les opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la réponse potentielle du président Donald Trump s’il décidait d’activer l’Insurrection Act, une loi fédérale vieille de plus de 200 ans qui permet de déployer des troupes pour des troubles civils importants.
Selon plusieurs médias, le Pentagone a ordonné à des soldats de la 11th Airborne Division, basés en Alaska, de se tenir prêts à intervenir à Minneapolis si les violences continuaient de s’aggraver ou si Trump annonçait l’utilisation de l’Insurrection Act.
Ce contexte de mobilisation fait suite à plusieurs jours de manifestations contre l’expansion des opérations d’ICE dans la ville, initiées après que l’un de ses agents a tué par balle une habitante de 37 ans, Renée Nicole Good. Cette affaire a suscité une vive émotion et des critiques contre les méthodes de l’agence fédérale déployée par l’administration.
Dans un message diffusé sur sa plateforme sociale, Donald Trump a menacé d’invoquer l’Insurrection Act si les autorités locales ne parvenaient pas à calmer les manifestants qui, selon lui, viseraient les agents d’ICE. Ce texte de 1807 donne au président le pouvoir d’utiliser l’armée américaine à l’intérieur du pays pour faire face à des insurrections ou à des troubles civils majeurs.
Pour l’heure, la Maison Blanche n’a pas confirmé de décision imminente d’activer cette loi, et des responsables ont précisé que les soldats mobilisés restent en position d’alerte, sans ordre de déploiement effectif.
À Minneapolis, certains leaders politiques locaux ont fermement critiqué l’idée d’un recours aux forces armées fédérales. Le maire de la ville, Jacob Frey, a qualifié cette perspective d’occupation par le gouvernement fédéral, tandis que le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a mobilisé la Garde nationale de l’État pour soutenir les forces locales et tenter d’éviter l’escalade.
La crise est également marquée par une intervention judiciaire : un juge fédéral a ordonné aux agents fédéraux de restreindre certaines tactiques contre les manifestants pacifiques, notamment l’usage de gaz lacrymogène ou d’arrestations sans motifs clairs, afin de protéger les droits civils des protestataires.
Les manifestations se poursuivent dans un climat de fortes divisions politiques et sociales, avec des protestataires dénonçant à la fois la politique d’immigration et la présence croissante des forces fédérales.

