Le président vénézuélien Nicolas Maduro a évité de confirmer ou de démentir, jeudi 1er janvier 2025, les déclarations de son homologue américain Donald Trump évoquant une attaque des États-Unis contre des installations portuaires au Venezuela. Tout en restant prudent, le chef de l’État a néanmoins réaffirmé sa disposition à engager des discussions avec Washington.
Interrogé lors d’une interview diffusée sur la chaîne publique VTV, Nicolas Maduro a indiqué que cette question pourrait être abordée ultérieurement. « Cela peut être un sujet dont nous parlerons dans quelques jours. Nous pourrions très certainement discuter d’ici quelques jours », a-t-il déclaré, en réponse à une question sur l’absence de confirmation officielle de cette supposée attaque terrestre.
Donald Trump avait affirmé, en début de semaine, que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des navires accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, évoquant la première opération terrestre américaine sur le sol vénézuélien. Une affirmation qui n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation indépendante.
Sans entrer dans les détails, Nicolas Maduro a assuré que le système de défense nationale garantissait « l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage de tous les territoires », ajoutant que la population vénézuélienne se trouvait « en sécurité et en paix ».
Le président vénézuélien a également indiqué qu’aucun nouvel échange téléphonique n’avait eu lieu avec Donald Trump depuis leur conversation de novembre dernier, tout en soulignant qu’il demeurait « prêt à discuter » avec les États-Unis. Il a précisé que Caracas était disposée à coopérer sur des accords liés à la lutte contre le narcotrafic, ainsi qu’à accueillir des investissements américains dans le secteur pétrolier, citant notamment le groupe Chevron.
Nicolas Maduro a par ailleurs évoqué la coopération récente entre les deux pays sur la question migratoire, affirmant qu’un accord permettant le retour de migrants vénézuéliens avait fonctionné avant d’être interrompu, selon lui, par les autorités américaines il y a trois semaines.
Les relations entre Caracas et Washington restent marquées par de fortes tensions. Donald Trump accuse régulièrement Nicolas Maduro d’être impliqué dans un vaste réseau de narcotrafic, des accusations rejetées par le dirigeant vénézuélien, qui dénonce une tentative de déstabilisation visant à s’approprier les importantes réserves pétrolières du pays.
Dans ce contexte, les autorités vénézuéliennes ont annoncé, jeudi, la libération de 88 personnes emprisonnées à la suite de l’élection présidentielle contestée de 2024, après la libération de 99 autres détenus à Noël. Ces libérations interviennent alors que les personnes concernées restent sous le coup de procédures judiciaires.
Une mission des Nations unies a récemment alerté sur une intensification de la répression au Venezuela. L’opposition dénonce, de son côté, un système de « portes tournantes » des prisons, tandis que l’ONG Provea estime à environ 700 le nombre de détenus politiques dans le pays.

