Figure emblématique des tribunes de la CAN 2025 au Maroc, Michel Kuka Mboladinga, supporter congolais devenu célèbre pour incarner une statue vivante de Patrice Lumumba, a laissé éclater sa tristesse mardi 6 janvier après l’élimination de la RD Congo en huitièmes de finale face à l’Algérie.
Au coup de sifflet final, les larmes ont remplacé l’immobilité solennelle. Michel Kuka Mboladinga, le supporter congolais devenu l’un des symboles de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, a exprimé sa profonde tristesse après la défaite de la République démocratique du Congo face à l’Algérie, éliminée en huitièmes de finale après prolongation (1-0).
Dans les tribunes du stade de Rabat, tous les regards s’étaient une nouvelle fois tournés vers lui. Debout sur un pupitre, immobile durant l’intégralité des rencontres de la RDC, le bras droit levé, paume ouverte vers le ciel, Michel Kuka Mboladinga s’est mué tout au long du tournoi en statue vivante à l’effigie de Patrice Lumumba, figure majeure de l’indépendance congolaise.
Sa posture solennelle, renforcée par des costumes aux couleurs éclatantes — vestes jaunes ou bleues, pantalons rouges et cravates assorties — a rapidement fait de lui une icône médiatique, bien au-delà des frontières africaines.
Mardi soir, le parcours des Léopards s’est toutefois brutalement arrêté. Au terme d’un match intense, l’Algérie a scellé la qualification à la 119ᵉ minute. En guise de célébration, l’Algérien Mohamed Amoura a même imité la pose du supporter congolais avant de s’allonger sur la pelouse, comme pour lui signifier que son rôle était accompli.
Un hommage vivant à Patrice Lumumba
Pour cette rencontre phare, Michel Kuka Mboladinga était accompagné d’une importante délégation de supporters congolais, acheminée au Maroc avec le soutien du gouvernement de la RDC. Son apparence s’inspire directement de la statue de Patrice Lumumba installée sur son mausolée à Kinshasa.
Premier ministre du Congo en 1960, Patrice Lumumba est entré dans l’histoire par son discours anticolonialiste prononcé le jour de l’indépendance. Renversé après seulement 75 jours au pouvoir, il fut assassiné le 17 janvier 1961. Son corps, dissous dans l’acide, n’a jamais été retrouvé, faisant de son destin l’une des pages les plus sombres de l’histoire congolaise et des relations belgo-congolaises.
Dans les rangs des supporters, l’initiative de Michel Kuka Mboladinga est perçue comme un acte de fierté nationale. « Il a choisi d’incarner Lumumba, notre héros », explique Laetitia Malula, supportrice congolaise. Pour Houssen Ilunga, 24 ans, cette représentation est un symbole fort, porteur d’un message d’unité et de mémoire.
Avant le match, des répétitions avaient été organisées à Casablanca, mêlant chants, danses traditionnelles et slogans scandant le nom de Lumumba, bras levés, à l’image de la statue.
Un symbole au-delà du football
Après l’élimination, Michel Kuka Mboladinga a été rapidement escorté hors du stade. Pour de nombreux observateurs, son impact dépasse le cadre sportif. « Il a été un véritable ambassadeur du Congo », estime Sofiane Mejot, manager franco-algérien, soulignant son rôle dans la mise en lumière des supporters congolais.
Jered Bitobo, responsable de l’animation des tribunes congolaises, rappelle que la main ouverte de la statue symbolise la paix. « C’est un message fort, localement et internationalement. Nous avons besoin de paix dans notre pays », insiste-t-il.
Interrogé un jour sur son immobilité pendant les matchs, Michel Kuka Mboladinga avait simplement répondu : « Je prie pour que le Seigneur accompagne notre équipe et nous fasse gagner. »
Mardi soir, malgré la défaite, son image restera comme l’une des plus marquantes de la CAN 2025.

